Des publications très pertinentes …

(Article publié le 2 juillet 2025)

Merci à SensoriDys ; SDP, Troublesneurovisuels, Dys
« Association Francophone de patients souffrant d’une disfonction proprioceptive » qui concerne les patients atteints du SDP (Syndrome de déficience posturale) mais aussi les patients SED.

Des publications très pertinentes. Plus les informations sur la dysproprioceptions seront relayées, le mieux ce sera.

La dysproprioception (ou proprioception altérée) est majeure dans le syndrome d’Ehlers-Danlos (SED), en particulier dans les formes hypermobiles (SEDh), en raison de plusieurs facteurs liés à l’atteinte du tissu conjonctif et souvent du collagène qui jouent un rôle fondamental dans la perception du corps dans l’espace.

1. Défaut du collagène → anomalies des récepteurs proprioceptifs

Dans le SED, le collagène est altéré (anormal ou trop extensible). Or, le collagène est un composant central des tissus conjonctifs présents dans les articulations, les muscles, les ligaments, les fascias et les capsules articulaires, où se trouvent les mécanorécepteurs.
➡️ Ces récepteurs envoient au cerveau des informations sur la position et le mouvement du corps.
⚠️ Si les structures qui les abritent sont trop lâches ou instables, les signaux transmis sont moins fiables.

2. Instabilité articulaire → perturbation du signal proprioceptif

L’hypermobilité articulaire entraîne des micro-luxations, entorses à répétition, ou des mouvements « hors norme » sans que la personne en ait conscience.
➡️ Le cerveau reçoit des signaux désorganisés ou incomplets sur la position réelle du corps dans l’espace.
🎯 Résultat : mauvaise perception du schéma corporel, maladresse, fatigue posturale, douleurs.

3. Compensation par la vision et le système vestibulaire

Face à la mauvaise qualité des signaux proprioceptifs, les personnes avec un SED ont tendance à compter davantage sur leur vision (regarder leurs pieds pour marcher, leurs mains pour écrire) ou sur l’oreille interne (équilibre).
➡️ Mais cela fatigue le cerveau, augmente l’effort cognitif et peut aggraver l’anxiété ou les troubles sensoriels.

4. Dysautonomie et troubles neurologiques associés

Le SED est souvent accompagné de dysautonomie (comme le syndrome de tachycardie orthostatique posturale – POTS), qui perturbe la régulation du tonus musculaire et la stabilité posturale.
➡️ Cela peut renforcer les troubles de la proprioception en perturbant l’adaptation du corps aux changements de position.

5. Altération de l’intégration sensorielle centrale

Certaines études suggèrent que le cerveau des patients SED peut intégrer différemment les signaux sensoriels, avec une tendance à l’hypersensibilité ou au contraire à une hypoperception.
➡️ La proprioception devient alors non seulement un problème périphérique (muscles/articulations), mais aussi central (traitement cérébral de l’information).

Conséquences cliniques :
• Sensation de ne pas “habiter son corps”
• Chutes fréquentes, maladresse, instabilité
• Douleurs musculosquelettiques diffuses
• Difficultés à pratiquer certains sports ou à se repérer dans l’espace
• Fatigue chronique due à une vigilance motrice permanente

6. Des aides pour soutenir la proprioception dans le SED

Chez les personnes atteintes du syndrome d’Ehlers-Danlos, certains dispositifs et approches peuvent améliorer la proprioception et réduire les conséquences fonctionnelles de son altération

🧠 Rééducation proprioceptive :
• Kinésithérapie spécialisée axée sur :
• l’équilibre,
• la stabilisation articulaire,
• la reprogrammation sensorimotrice,
• l’intégration multisensorielle (vision, vestibulaire, toucher).
• Exercices sur surfaces instables, travail postural doux, adaptation progressive à l’effort.

🦶 Aides externes :
• 👣 Semelles proprioceptives : stimulent des zones précises de la plante du pied pour guider la posture, améliorer l’équilibre et affiner la perception du corps dans l’espace.
• 🧍‍♀️ Ceintures proprioceptives : soutiennent la zone lombaire ou abdominale pour renforcer la conscience du tronc et améliorer la stabilité.
• 👕 Vêtements compressifs (haut et/ou bas du corps) :
• Apportent une stimulation continue des récepteurs cutanés et profonds,
• Favorisent la perception des limites corporelles,
• Diminuent les douleurs liées à l’instabilité et à la fatigue musculaire,
• Peuvent réduire l’anxiété posturale et améliorer la coordination motrice.

✅ Ces dispositifs sont souvent utilisés en complément d’une prise en charge pluridisciplinaire. Leur efficacité dépend de l’adaptation personnalisée à chaque patient (par un professionnel formé), et d’un accompagnement dans le temps.

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